À l’approche de la présentation finale de la loi de finances 2026, la question d’une révision de la flat tax — ou prélèvement forfaitaire unique (PFU), instauré en 2018 — s’impose dans le débat économique.Le gouvernement pourrait revoir le taux, le périmètre ou les modalités d’imposition des revenus du capital. Face à cette incertitude, entreprises et détenteurs de capitaux s’interrogent : faut-il procéder à des distributions exceptionnelles dès 2025 pour sécuriser le régime actuel ?
Une réforme de la flat tax de plus en plus probable
Si aucune mesure officielle n’a encore été dévoilée, plusieurs signaux convergent : la flat tax n’est plus considérée comme intangible. Le futur projet de loi de finances pourrait relever le taux global du PFU (actuellement 30 % : 12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), redéfinir son périmètre, ou introduire un traitement différencié selon la nature des revenus ou le niveau de patrimoine.
Pourquoi une telle évolution ?
La réponse se trouve d’abord dans le contexte budgétaire : déficit structurel élevé, dépenses publiques sous tension, financement de la transition écologique et priorités sociales. La fiscalité du capital apparaît alors comme un levier mobilisable, notamment depuis que certains acteurs politiques jugent le PFU trop favorable aux hauts revenus.
À l’inverse, les défenseurs du dispositif rappellent que la flat tax a contribué à renforcer l’attractivité fiscale de la France, à simplifier la fiscalité du capital et à encourager la prise de risque entrepreneuriale. Une hausse brutale pourrait freiner l’investissement et pénaliser la compétitivité des entreprises, en particulier familiales.
Quels scénarios sont envisagés ?
Plusieurs pistes reviennent régulièrement dans les échanges économiques.
1. Une hausse du taux du PFU
Une hausse même modérée aurait un impact immédiat sur les dividendes, intérêts et plus-values perçus par les investisseurs et dirigeants.
2. Une réduction du périmètre
Certains revenus pourraient être exclus du PFU au profit du barème progressif de l’impôt sur le revenu, comme les dividendes élevés versés aux dirigeants.
3. Un PFU modulé selon le niveau de revenus
Un taux majoré pourrait s’appliquer au-delà d’un seuil de patrimoine ou de revenus du capital, tout en conservant un taux standard pour le reste des contribuables.
4. Une réforme plus structurelle
Certains économistes évoquent un système hybride où le contribuable pourrait choisir entre barème progressif et flat tax selon des règles nouvelles, modifiant les arbitrages d’optimisation.
Bien qu’un maintien strict du régime actuel reste possible, il paraît de moins en moins probable compte tenu du contexte budgétaire.
Les entreprises face à une incertitude stratégique
Cette incertitude place dirigeants, actionnaires et entreprises dans une position délicate. Beaucoup se demandent s’il est judicieux de distribuer en 2025 pour éviter une hausse potentielle du PFU en 2026.
En théorie, l’idée est simple : toute distribution avant une éventuelle hausse serait taxée selon le taux actuel. Cependant, procéder à une distribution exceptionnelle peut fragiliser la trésorerie, réduire la capacité d’investissement, détériorer certains ratios financiers, créer un signal ambigu pour les partenaires ou salariés, ou attirer l’attention de l’administration fiscale si l’opération paraît artificielle.
L’arbitrage dépasse donc la simple dimension fiscale pour relever de la stratégie d’entreprise.
Faut-il distribuer en 2025 ? Une décision au cas par cas
Pour les entreprises disposant d’une trésorerie solide et prévoyant déjà une redistribution, anticiper une distribution en 2025 peut être pertinent. À l’inverse, pour les structures en croissance, en situation de tension financière ou avec des besoins d’investissement importants, cela peut être risqué voire contre-productif.
Les particuliers fortunés ou dirigeants sont confrontés aux mêmes réflexions : l’avantage fiscal potentiel doit être mis en balance avec les contraintes patrimoniales, juridiques et financières.
Anticiper, oui… mais avec discernement
Même si la loi de finances 2026 n’est pas finalisée, l’hypothèse d’une évolution de la flat tax doit être prise au sérieux. Une modification, même limitée, de la fiscalité du capital est plausible.
Pour autant, se précipiter vers une distribution exceptionnelle n’est pas la solution universelle. L’opportunité dépend de la situation financière de l’entreprise, de ses projets, du profil fiscal des actionnaires et de la cohérence globale de sa stratégie.
Plus que jamais, une analyse personnalisée, menée avec un expert-comptable ou un fiscaliste, reste indispensable pour arbitrer entre optimisation fiscale et prudence économique.


