L’offensive américaine au Venezuela et la perspective d’un retour progressif du pétrole vénézuélien sur les marchés mondiaux font peser des incertitudes sur le géant français de l’énergie. Malgré un profil diversifié et un dividende attractif, la société pourrait subir des pressions sur ses cours à moyen terme, alors que les prix du pétrole restent volatils.
Une action marquée par la volatilité des prix du pétrole
Les actions TotalEnergies ont connu des périodes difficiles ces dernières années, en grande partie à cause de la faiblesse persistante des prix du pétrole. En janvier 2026, le cours de l’action oscille autour de 53-54 euros, après avoir atteint un sommet récent proche de 66 euros début janvier. Cette volatilité pourrait s’accentuer si les prix du Brent et du WTI, actuellement autour de 60-62 dollars le baril, poursuivent leur tendance baissière. Les prévisions pour 2026 situent le Brent en moyenne à environ 61 dollars le baril, selon plusieurs analystes.
Le scénario le plus préoccupant pour TotalEnergies repose sur un retour progressif du pétrole vénézuélien sur les marchés mondiaux. Le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, dépassant 300 milliards de barils.
Depuis début 2026, sous l’administration Trump, des mesures agressives ont été mises en place : capture de Nicolás Maduro, saisie de tankers et contrôle des ventes de pétrole vénézuélien, avec un transfert initial estimé à 30-50 millions de barils vers les États-Unis et un assouplissement sélectif des sanctions.
Une pression potentielle sur l’offre mondiale
Selon des institutions comme Franklin Templeton Institute, une stabilisation durable au Venezuela, combinée à un éventuel accord de paix en Ukraine, pourrait libérer plus de 5 millions de barils par jour d’ici 2030, soit environ 5 % de la production mondiale.
Une telle augmentation de l’offre pourrait exercer une pression à la baisse significative sur les prix, dans un contexte de demande mondiale relativement stable.
Pourtant, les experts soulignent la lenteur d’une reprise complète. eToro et Neuberger Berman rappellent que le Venezuela souffre de décennies de sous-investissement, d’infrastructures dégradées et de contraintes opérationnelles.
La production actuelle n’est que d’environ 1 million de barils par jour, contre plus de 3 millions dans les années 1990-2000. Même avec des investissements américains massifs — notamment de Chevron — une remontée significative pourrait prendre plusieurs années, voire une décennie.
Une volatilité limitée à court terme
À court terme, l’impact sur les prix reste donc ambigu. Les tensions géopolitiques soutiennent légèrement les cours, mais l’abondance globale de l’offre (OPEP+, États-Unis) et les craintes d’une demande faible maintiennent une pression baissière.
Les fluctuations restent donc le principal facteur de volatilité pour TotalEnergies dans les prochains mois.
Un profil financier attractif
Malgré ces incertitudes, TotalEnergies conserve des atouts financiers solides. Le groupe, diversifié entre pétrole, gaz, LNG et énergies renouvelables, se paye environ 8-9 fois les profits attendus pour 2026, avec un rendement dividende autour de 6 %, voire plus selon certaines estimations.
Les analystes restent positifs : Jefferies vise 66 euros, UBS 62 euros, et certains objectifs ADR atteignent 70-75 dollars. La stratégie équilibrée entre upstream performant, downstream stable et transition énergétique soutient ce potentiel haussier.
Comparaison avec les majors américaines
En 2026, la question se pose : investir dans TotalEnergies ou dans les majors américaines (ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips) ?
- Majors américaines : ExxonMobil et Chevron dominent par leur taille et efficacité opérationnelle, notamment sur le Permian et, pour Chevron, au Venezuela. Elles bénéficient de coûts d’extraction bas et pourraient tirer parti de la reprise éventuelle du pétrole vénézuélien ;
- TotalEnergies : offre un dividende plus élevé, une valorisation attractive et une diversification énergétique plus large, réduisant l’exposition aux risques liés à l’upstream pur et aux tensions géopolitiques américaines.
Ainsi, pour un investisseur recherchant stabilité et rendement, TotalEnergies reste un choix solide. Pour ceux qui privilégient un pari sur la reprise vénézuélienne et le pétrole upstream américain, les majors US peuvent offrir un potentiel plus agressif à court/moyen terme.
Analyse technique et perspectives
Le titre TotalEnergies a montré une certaine résilience, avec des rebonds sur des supports clés. Les momentum récents suggèrent une possible consolidation avant une nouvelle vague haussière si les prix du brut se stabilisent.
Les événements au Venezuela resteront déterminants pour l’évolution des prix, mais la menace immédiate pour 2026 demeure limitée.


