Assurances auto et habitation : les primes vont (encore) augmenter en 2023 !

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Les primes d’assurance auto et habitation vont augmenter en moyenne d’au moins 3 % en 2023.

Si certains contrats spécifiques pourront profiter d’un geste des assureurs, le meilleur moyen de préserver son pouvoir d’achat est de comparer son contrat et éventuellement de profiter de remises commerciales accordées aux nouveaux venus.
La pression s’annonçait terrible, mais la montagne a finalement accouché d’une souris.
Reçu mardi au ministère de l’Economie, les assureurs ont validé la demande de Bruno Le Maire de modérer leurs tarifs sous l’Inflation en 2023, sans pour autant prendre d’engagements contraignants.
 » Je pense que nous sommes parvenus au meilleur accord possible dans une situation qui est très tendue pour le monde de l’assurance », a d’ailleurs déclaré le ministre à l’issue de la rencontre.
Malgré le poids des événements climatiques depuis janvier, « nous partageons l’ambition du ministre qui est d’aider à lutter pour le pouvoir d’achat », a abondé Florence Lustman, la présidente de France Assureurs qui regroupe une large part des acteurs de la place.
Résultat, comme attendu, les assureurs se sont engagés à remettre un chèque auto de 100 euros à destination des chômeurs de moins de 25 ans. Des avancées ont aussi été enregistrées pour supprimer la vignette verte en assurance auto et Bercy incite à faire plus pour l’utilisation de pièces de réemploi dans le cadre des réparations.
D’autres « engagements individuels » de la part des compagnies et au cas par cas, à destination des publics les plus fragiles, devraient suivre.
Par exemple, la Macif ou la Matmut ont annoncé des gestes à l’endroit des étudiants ou certains contrats très spécifiques comme les véhicules électriques.
Par contre, aucun engagement général sur le niveau de la prime du reste des contrats n’a été pris.
Selon les premières projections, en 2023, les cotisations d’assurance habitation et auto vont augmenter dans des proportions supérieures à celles observées en 2022. Même les mutualistes vont devoir augmenter leurs tarifs, en se retrouvant dans l’impossibilité de prolonger le gel des années passées.
De plus, la fidélité ne paye pas en assurance. Il faut « profiter de la loi Hamon et comparer son contrat minimum tous les 2 ans pour bénéficier d’éventuelles offres commerciales de bienvenue », rappelle Olivier Moustacakis de chez Assurland.
Assurance habitation : +3 % minimum d’augmentation
Les phénomènes climatiques ont coûté 5.2 milliards d’euros aux assureurs entre janvier et août 2022. Par conséquent, la prime d’assurance habitation va augmenter.
Le comparateur Assurland table sur une moyenne située entre 3 et 3.50 % en 2023 quand Facts & Figures vise une hausse moyenne comprise entre 3 et 5 % l’année prochaine…avant certainement de s’envoler dans les prochaines années, en raison des aléas imprévisibles, mais aussi de la sécheresse qui abîme considérablement les logements d’une partie de la France.
Ce sont des « phénomènes plus insidieux, mais se révélant extrêmement coûteux pour les assureurs. Ils génèrent des fissures dans de nombreux pavillons construits avec des fondations trop fragiles au regard des phénomènes de contraction puis de gonflement du sol local ».Les assureurs réclament une hausse de la garantie Catnat (pour catastrophes naturelles) : « pour le moment, la surprime qui l’abonde reste fixée à 12 % sur les contrats MRH et de 6 % sur les contrats d’assurance auto ».

Mais « dans ce cas de figure, la modération tarifaire des cotisations est dure à maintenir, surtout avec ce niveau d’inflation à près de 6 % ».

Si le gouvernement ne donne pas raison aux assureurs sur la Catnat, le danger est de voir poindre une majoration « quasi forfaitaire » de chaque contrat de l’ordre de 10 EUR au titre du climatique, estime le cabinet Facts & Figures.

Pourtant, la revalorisation de la taxe finançant le régime des catastrophes naturelles à 18 % des cotisations d’assurance habitation (contre 12 % aujourd’hui) n’est qu’une question de temps.

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution de la Banque de France prévoit une hausse des primes d’assurance de 130 à 200 % d’ici 30 ans.

Enfin, l’assurance habitation est aussi fragilisée par la hausse des prix de près de 3 % des matériaux et de la main d’œuvre.

Moins de 10 EUR de hausse en habitation
Le prix moyen d’une assurance habitation est de 236 EUR par an, en France.

Pour un appartement, ce prix tombe à 181 EUR et celui d’une maison monte à 290 EUR.
L’assurance habitation la plus chère de France se situe en Corse avec un prix moyen de 416 EUR.

Pour ces assurés, la hausse des prix aura une incidence d’environ une dizaine d’euros, sur la base d’une hausse de 3 % : 5.41 EUR par an pour un appartement et de 8.70 EUR pour une maison.

Assurance auto : +5% en 2023
Les contrats en cours pourraient augmenter de 3 à 5 %.
Les causes avancées sont toujours les mêmes : la hausse du prix des pièces détachées et des réparations automobiles (+3.50 % sur un an).Par exemple, le prix moyen des rétroviseurs avant gauche a bondi de 7.70 % en 2022 par rapport à 2021.
Le prix moyen des pare-brises avant s’est lui accru de 8 % en 2022 par rapport à 2021.
Enfin, le prix moyen des pare-chocs avant a grimpé de 6.80 % en 2022 par rapport à 2021, avec une dérive de 10.50 % pour les SUV contre 5.20 % pour les berlines, soit une hausse deux fois plus importante pour les SUV, dont le nombre d’immatriculations explose, ce qui devrait se répercuter sur la cotisation. Ainsi, les augmentations se feront avec « une intensité plus forte » pour les SUV que pour le reste des véhicules.

Le prix des pièces détachées affiche une hausse moyenne de 10%Toute la chaîne automobile est touchée par l’Inflation. Le coût horaire de la main d’œuvre explose, celui des pièces détachées augmente et, en bout de chaîne, la facture pour les assureurs (et donc pour les particuliers) aussi, sans que le développement des pièces de réemploi ne parvienne à inverser la tendance : « le prix des pièces détachées affiche une hausse moyenne de 10 % contre 2.20 % en 2021 et celui des réparations de 3.50 % sur les douze derniers mois ».

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
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