Baisse des taux de la BCE : une aubaine pour les primo-accédants

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La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé, ce jeudi 5 juin, ses taux directeurs de 25 points de base. Une décision attendue qui pourrait enclencher une baisse des taux des crédits immobiliers, notamment au bénéfice des primo-accédants. Focus sur les gagnants de cette nouvelle donne monétaire.

La BCE poursuit sa politique d’assouplissement. Pour la huitième fois en douze mois, l’institution monétaire européenne a abaissé ses taux directeurs, cette fois de 25 points de base, confirmant ainsi son orientation vers une politique plus accommodante. Cette baisse est perçue comme une bonne nouvelle pour les emprunteurs, en particulier pour les candidats à l’accession à la propriété.

Une dynamique baissière confirmée

Les taux d’intérêt du crédit immobilier, qui avaient dépassé les 4 % à l’automne 2023, poursuivent leur lente décrue. En juin, ils se maintiennent à un peu plus de 3 % en moyenne.

Selon plusieurs courtiers, le seuil psychologique des 3 % pourrait même être franchi à la baisse d’ici la fin de l’été, si les conditions de marché continuent à s’améliorer.

Ce contexte favorable est renforcé par la détente observée sur les marchés obligataires. Le taux de l’emprunt d’État à 10 ans est repassé à 3,2 %, contre 3,5 % en mars. Un élément clé, puisque ce taux sert de référence aux banques pour fixer leurs propres conditions de financement.

Résultat : les établissements bancaires pourraient ajuster leur grille tarifaire dès le mois de juillet, rendant les conditions d’emprunt plus attractives pour les particuliers.

Les primo-accédants en première ligne

Mais tous les emprunteurs ne bénéficieront pas de la même manière de cette accalmie sur les taux. Les banques, plus sélectives depuis la remontée brutale des taux en 2022, ciblent aujourd’hui en priorité une clientèle bien précise : les primo-accédants, ces ménages qui accèdent pour la première fois à la propriété de leur résidence principale.

Longtemps mis de côté en raison de leur faible apport personnel et de leur profil souvent jugé plus risqué, les primo-accédants retrouvent aujourd’hui les faveurs des banques. Un retournement de tendance permis par plusieurs facteurs : une baisse durable des taux, une volonté des établissements bancaires de capter de nouveaux clients jeunes et fidèles, mais aussi des dispositifs publics renforcés.

Depuis le 1er avril 2025, le prêt à taux zéro (PTZ) a été élargi à l’ensemble du territoire français, y compris aux maisons individuelles neuves. Une mesure très attendue qui offre une bouffée d’oxygène à de nombreux ménages modestes ou intermédiaires. Le PTZ reste réservé exclusivement aux primo-accédants, ce qui en fait un levier particulièrement efficace pour soutenir cette catégorie d’acheteurs.

Une clientèle très ciblée par les banques

Si les primo-accédants sont de nouveau courtisés, les banques ne s’adressent toutefois pas à tous avec le même enthousiasme. Leur préférence va clairement vers les profils « CSP+ », jeunes, avec un revenu confortable et une capacité d’épargne solide.

Selon le courtier Pretto, les établissements bancaires privilégient ainsi les primo-accédants de moins de 35 ans, disposant d’au moins 80 000 euros de revenus annuels, souvent en couple, et capables de présenter un dossier bien construit.

L’intérêt commercial est évident : cette population, une fois intégrée dans la banque via un crédit immobilier, présente un fort potentiel de souscription à d’autres produits bancaires (assurances, épargne, gestion de patrimoine…). Les banques n’hésitent donc pas à proposer des conditions préférentielles à ces profils.

C’est le cas, par exemple, de LCL qui, jusqu’au 14 juin, propose un prêt bonifié à 0,9 % sur un montant maximal de 50 000 euros. Cette offre s’adresse aux primo-accédants acquérant leur première résidence principale, à condition que le logement soit économe en énergie, avec un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé A, B ou C.

Reprise marquée de la demande

Les résultats ne se sont pas fait attendre. D’après les données de plusieurs courtiers, le nombre de dossiers de primo-accédants traités a explosé de 133 % sur les quatre premiers mois de l’année 2025.

Un signal fort, qui témoigne du retour de la confiance chez cette population longtemps mise à l’écart du marché immobilier.

Le portrait-robot du primo-accédant type au premier trimestre 2025 se dessine ainsi : 34 ans en moyenne, un revenu annuel de 84 400 euros à deux, un emprunt moyen de 293 000 euros à un taux de 3,3 %, pour financer l’acquisition d’un bien de 95,5 m² d’une valeur de 353 000 euros.

Un profil que les banques s’arrachent, dans un contexte de concurrence accrue sur le marché du crédit.

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
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