Africacrypt est-il le plus gros casse en bitcoins de l’année?

Ameer Cajee et Raees Cajee, deux jeunes frères sud-africains pourraient bien entrer dans l’histoire des casses les plus colossaux : leur récente disparition vers des horizons inconnus s’accompagne de celle de 69.000 bitcoins, dont la valeur avoisinait les 4 milliards d’USD (3,35 milliards d’EUR) lors du pic de la cryptomonnaie en avril 2021.

Agissant comme Chief Operating Officer de la jeune entreprise, âgé de 20 ans à peine, Ameer a informé sa clientèle que le site avait été hacké.
Dans le même temps, il lui enjoignait de manière quelque peu suspicieuse de ne pas informer la police de l’attaque, au risque de ralentir les opérations lancées pour récupérer les sommes dérobées.

Celles et ceux trouvant l’exigence d’Ameer Cajee trop étrange pour ne pas réagir ont alors loué les services d’un cabinet d’avocats, Hanekom Attorneys, qui a très vite compris qu’il y avait effectivement un problème.

Dans le même temps, Ameer comme son frère s’enfonçaient dans l’ombre et devenaient injoignables. Étudiant le cheminement des 69.000 bitcoins après leur disparition des portefeuilles de leurs possesseurs, Hanekom Attorneys a constaté qu’ils avaient transité par des «tumblers», des services permettant de noyer des cryptomonnaies dans la masse pour les anonymiser et les rendre plus difficiles à tracer.

L’Afrique du Sud semble être une terre promise pour ce genre de crypto-cambrioleurs. Comme le rappelle Bloomberg, une affaire similaire s’était déroulée en 2020 avec l’effondrement d’une plateforme nommée Mirror Trading International, pour des pertes de 23.000 bitcoins et un total de 1,2 milliard de dollars, qui fut en 2020, le plus gros casse dans le monde,  pourtant trois fois moins important que celui qui se déroule en ce moment.

La Financial Sector Conduct Authority du pays, gendarme financier de l’Afrique du Sud, surveille bien sûr la situation de près.
Mais, et ceci expliquant sans doute cela, elle ne peut elle-même lancer d’enquête formelle : les cryptomonnaies n’étant pas (encore) légalement considérées comme des produits financiers en Afrique du Sud, l’affaire Africacrypt échappe à sa juridiction.
Et, quelque part mais nul ne sait où, les frères Cajee savourent leur nouvelle fortune…

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
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